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Fiscalité des ASBL : IPM ou ISOC, taxe patrimoniale, TVA et précomptes

Impôt des personnes morales ou impôt des sociétés, déclaration annuelle, taxe patrimoniale, TVA et précomptes : le point sur les impôts qui concernent une ASBL.

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Par Équipe éditoriale EnOrdre

En bref

  • La plupart des ASBL relèvent de l’impôt des personnes morales (IPM) ; une ASBL qui exploite une entreprise ou se livre à des opérations lucratives peut basculer à l’impôt des sociétés (ISOC).
  • Une déclaration fiscale est due chaque année, même sans revenu imposable, en ligne via Biztax.
  • La taxe patrimoniale (taxe compensatoire des droits de succession) vise le patrimoine au 1er janvier ; aucune taxe ni déclaration si les biens taxables ne dépassent pas 50 000 euros.
  • Une ASBL peut être assujettie à la TVA si elle a une activité économique régulière ; beaucoup sont toutefois des assujetties exemptées.
  • Certains revenus (intérêts, sous-location…) impliquent un précompte mobilier et des déclarations spécifiques.

En règle générale, une ASBL est soumise à l’impôt des personnes morales : elle n’est pas taxée sur ses bénéfices, mais sur certains revenus (immobiliers, mobiliers, divers) et sur certaines dépenses. Elle doit rentrer une déclaration chaque année via Biztax, déposer une déclaration de taxe patrimoniale avant le 31 mars si ses biens taxables dépassent 50 000 euros, et vérifier si ses activités la rendent assujettie à la TVA.

Les impôts d’une ASBL en un coup d’œil
ImpôtQui est concerné ?Échéance / forme
Impôt des personnes morales (IPM)La plupart des ASBLDéclaration annuelle via Biztax ; délai publié chaque année par le SPF Finances
Impôt des sociétés (ISOC)ASBL qui exploitent une entreprise ou se livrent à des opérations lucratives, hors exceptionsDéclaration ISOC via Biztax
Taxe patrimonialeASBL, AISBL et fondations privées dont les biens taxables dépassent 50 000 €Déclaration entre le 1er janvier et le 31 mars (avant midi)
TVAASBL ayant une activité économique régulière (livraisons ou services à titre onéreux)Déclarations TVA si assujettie non exemptée
Précompte mobilierASBL qui perçoivent ou attribuent certains revenus mobiliersDéclarations 273 / 273A

IPM ou ISOC : quatre questions pour trancher

Le SPF Finances propose un raisonnement en quatre étapes. Ce n’est pas la forme juridique qui décide, mais les activités réelles de l’ASBL.

  1. L’ASBL exerce-t-elle une activité industrielle, commerciale ou agricole qui ne sert pas uniquement à soutenir l’activité principale ? Si oui : ISOC.
  2. Sinon, a-t-elle des activités de nature lucrative ? Si non : en principe IPM.
  3. Si oui, ces activités lucratives sont-elles seulement accessoires, isolées ou exceptionnelles, ou consistent-elles à placer des fonds dans le cadre de la mission statutaire ? Si oui : IPM.
  4. Sinon, l’activité relève-t-elle d’une des huit catégories prévues à l’article 181 du CIR 92 ? Si oui : IPM ; si non : ISOC.

Une qualification qui peut être contestée

L’administration examine les faits. Une ASBL qui développe une activité commerciale importante (bar, location, ventes régulières) doit faire vérifier sa situation par un professionnel. Cette page est une information générale, pas un conseil fiscal.

La déclaration à l’IPM

Une déclaration est due chaque année, même si l’ASBL n’a aucun revenu imposable. Elle se rentre en ligne via Biztax. Sans moyens informatiques, une demande écrite et signée doit être introduite chaque année auprès du bureau compétent.

Délai : la règle légale est le dernier jour du septième mois qui suit la clôture de l’exercice, mais le SPF Finances fixe chaque année des exceptions. Pour l’exercice d’imposition 2026, la date limite est le 15 octobre 2026 pour les bilans clôturés entre le 31 décembre 2025 et le 28 février 2026. Vérifiez toujours la page « Délais de rentrée des déclarations » de Biztax.

  • Les bénéfices d’une activité occasionnelle (par exemple une soirée spaghettis) ne sont en principe pas imposés à l’IPM et ne se déclarent pas.
  • Se déclarent notamment : certains revenus immobiliers, les revenus mobiliers, certaines plus-values sur terrains et bâtiments situés en Belgique, et certaines dépenses (frais ou avantages non justifiés, quotité d’avantage de toute nature liée aux voitures…).
  • Les dépenses non justifiées peuvent être taxées jusqu’à 102 %, selon le SPF Finances : gardez une pièce pour chaque dépense.

La taxe patrimoniale (taxe annuelle compensatoire des droits de succession)

Cette taxe, prévue par le Code des droits de succession (art. 147 et suivants), est due chaque année sur l’ensemble des biens de l’ASBL au 1er janvier, en Belgique comme à l’étranger, à leur valeur vénale (et non à leur valeur comptable). En principe, aucune dette ne peut être déduite, sauf exceptions prévues par le Code.

Taxe patrimoniale : l’essentiel depuis la réforme de 2024
PointRègle
SeuilBiens taxables ≤ 50 000 € : pas de taxe et pas de déclaration
TarifTarif progressif depuis le 1er janvier 2024 (remplace l’ancien taux linéaire) ; consultez le Code ou la circulaire 2024/C/20 pour les tranches
DéclarationChaque année entre le 1er janvier et le 31 mars, avant midi (report au jour ouvrable suivant si le 31 mars tombe un week-end ou un jour férié)
DépôtEn ligne via MyMinfin (« Soumettre un document », type « Déclaration taxe patrimoniale (ASBL) »), PDF signé électroniquement par un représentant légal ; ou par la poste
ExemptionsCertaines ASBL sont exonérées par la loi (par ex. caisses de pension agréées pour indépendants)

Exemption partielle sectorielle : à surveiller

La loi du 28 décembre 2023 a prévu une exemption partielle (62,3 % des avoirs) pour certains secteurs (soins, aide sociale, sport, enseignement, culture…). La Cour constitutionnelle l’a annulée (arrêt n° 159/2025 du 4 décembre 2025), en maintenant ses effets au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026. Vérifiez auprès du SPF Finances le régime applicable pour la déclaration 2027.

TVA : votre ASBL est-elle assujettie ?

  • Assujettie : l’ASBL exerce une activité économique régulière et indépendante (même sans but lucratif), principale ou accessoire, consistant à livrer des biens ou à fournir des services contre paiement.
  • Non assujettie : l’ASBL ne fait que recevoir des dons, sans livraisons ni services à titre onéreux. Elle n’a pas besoin de numéro de TVA.
  • Assujettie exemptée : beaucoup d’ASBL (transport de malades, soins aux personnes âgées, scène, enseignement, sport, musées…) relèvent d’exemptions de l’article 44 du Code de la TVA : elles ne facturent pas de TVA mais ne peuvent pas non plus la déduire.

Une vente occasionnelle au profit de l’ASBL (vente de crêpes, par exemple) n’entraîne pas de TVA si l’ASBL est exemptée, que l’activité est organisée par elle et à son seul profit, et qu’elle reste peu fréquente. Une ASBL assujettie doit aussi vérifier ses obligations de facturation électronique.

Précomptes : ce qu’il ne faut pas oublier

  • Précompte mobilier : certains revenus mobiliers reçus ou attribués par l’ASBL y sont soumis, avec une déclaration 273 ou 273A. Les revenus de sous-location sont aussi soumis au précompte mobilier et se déclarent en « Revenus divers ».
  • Précompte professionnel : si l’ASBL occupe du personnel salarié, elle retient et verse le précompte professionnel comme tout employeur.
  • Précompte immobilier : si l’ASBL est propriétaire d’un bien, renseignez-vous auprès de votre Région sur l’imposition et les éventuelles exonérations liées à l’affectation du bien.

Cas particuliers

ASBL agréée pour les dons

Seules les institutions agréées peuvent délivrer des attestations fiscales ouvrant droit à une réduction d’impôt pour les donateurs. La procédure d’agrément est décrite par le SPF Finances.

ASBL sans aucun revenu

La déclaration IPM reste obligatoire chaque année, même si toutes les rubriques sont à zéro.

ASBL propriétaire d’un immeuble de valeur

Un seul bâtiment suffit souvent à dépasser 50 000 € de biens taxables : la déclaration de taxe patrimoniale est alors due chaque année avant le 31 mars.

Erreurs fréquentes

  • Ne pas rentrer de déclaration IPM parce que l’ASBL n’a « pas de bénéfice ».
  • Déclarer la valeur comptable au lieu de la valeur vénale pour la taxe patrimoniale.
  • Déduire les dettes du patrimoine taxable alors que ce n’est en principe pas permis.
  • Compléter le cadre « revenus immobiliers » sans être propriétaire, usufruitier ou titulaire d’un droit réel.
  • Garder des dépenses sans pièce justificative.
  • Ignorer la TVA alors que l’ASBL vend régulièrement des biens ou des services.

Ce qu'il faut retenir

  • La plupart des ASBL sont à l’IPM, mais la qualification dépend des activités réelles.
  • Déclaration IPM chaque année via Biztax, même sans revenu ; la date limite est publiée chaque année.
  • Taxe patrimoniale : seuil de 50 000 €, déclaration avant le 31 mars, régime en évolution après l’arrêt de la Cour constitutionnelle.
  • TVA : assujettie, exemptée ou hors champ — à vérifier selon les activités.
Cet article est une information générale, rédigée à partir de sources officielles. Il ne remplace pas un conseil personnalisé d'un professionnel (comptable, juriste, notaire, secrétariat social). Notre méthodologie

Questions fréquentes

Mon ASBL doit-elle payer des impôts sur ses bénéfices ?

À l’IPM, non : l’ASBL n’est en principe pas imposée sur les bénéfices réalisés, mais sur certains revenus et certaines dépenses. À l’ISOC, en revanche, les bénéfices sont imposés.

Quand rentrer la déclaration IPM en 2026 ?

Pour les bilans clôturés entre le 31 décembre 2025 et le 28 février 2026, le SPF Finances a fixé la date limite au 15 octobre 2026. Pour les autres dates de clôture, consultez l’aperçu publié sur la page Biztax.

Faut-il déposer une déclaration de taxe patrimoniale si notre patrimoine est faible ?

Non, si la valeur totale des biens taxables ne dépasse pas 50 000 euros : ni taxe, ni déclaration.

Une ASBL qui ne reçoit que des dons a-t-elle besoin d’un numéro de TVA ?

Non. Sans livraisons de biens ni prestations de services à titre onéreux, elle n’est pas assujettie à la TVA.

Peut-on obtenir un délai pour la déclaration IPM ?

Selon le SPF Finances, un délai supplémentaire est une exception absolue, uniquement en cas de motif grave ou de force majeure.

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